COVID-19 : recensement collaboratif des mesures de surveillance

Le Mouton Numérique lance un recensement de la surenchère technologique en réponse au coronavirus

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covid surveillance

Il aura fallu qu’une pandémie mondiale s’abatte sur le monde en quelques mois pour donner un énorme coup d’accélérateur aux technologies de surveillance, plus ou moins débattues dans l’espace public jusque là. La nécessaire mutualisation des efforts pour endiguer la propagation du coronavirus COVID-19 est brandie dans tous les domaines de nos sociétés pour justifier un véritable festival de mesures liberticides, au rapport parfois lointain avec la crise en elle-même ; comme sont consenties dans l’urgence un grand nombre de décisions antisociales et antidémocratiques souvent sans garde-fou suffisant quant à leur  limitation.

Ces technologies de surveillance, ou de moisson de données personnelles, qui passent souvent la reconnaissance faciale, l’algorithmique ou la géolocalisation éclosent d’un climat général précédant la pandémie, un climat propice à la surveillance de masse et aux décisions de limitation de la liberté favorisant un contrôle des populations démesuré par rapport aux besoins sanitaires – voire carrément sans rapport avec eux. Il y a fort à parier que ces technologies-là survivront pour beaucoup à une crise qu’elles n’auront pas participé à résorber, et quand bien même. Combattre la pandémie est une raison trop noble pour que l’on croit sur parole tous les acteurs qui s’en réclament… et déploient à l’arrache des dispositifs souvent opportunistes, bancals, voire liberticides et dangereux à court, moyen et long terme.

Recensement des mesures de surveillance

Le Mouton Numérique lance un recensement collaboratif des mesures de surveillance souvent plus solutionnistes qu’efficaces (à quoi servent les applications de géolocalisation des malades lorsqu’aucun test de dépistage n’est fait ?), ainsi que de leurs répercussions en matière de surveillance des populations, de rapprochements vaseux entre public et privé, de récoltes et d’usage des données personnelles éventuellement médicales, etc.

Ce recensement ne se faisant pas tout seul, nous lançons un appel à volontaires pour nous aider à le mener à bien, en améliorant et consolidant les données existantes. Si vous souhaitez participer contactez Maud Barret Bertelloni @MEBertelloni ou bonjour@mouton-numerique.org.

N’hésitez pas non plus à diffuser les appels à volontaires à vos contacts.

Merci à vous !

~ Antoine St. Epondyle

Communiqué de l’association :

Nous avons besoin de renforcer nos défenses immunitaires contre la surveillance

Le Mouton numérique lance un recensement collaboratif des mesures de surveillance mises en place en réponse à l’épidémie de COVID-19, pour documenter les initiatives et les moyens technologiques déployés, leurs atteintes aux libertés civiles, au contrôle démocratique et la normalisation de la collecte et de l’utilisation de données de la part d’acteurs publics et privés.

Les initiatives de surveillance se multiplient en réponse à l’épidémie de COVID-19. Elles prennent la forme d’applications, de systèmes de partage et d’analyse de données destinées à connaître et à anticiper la propagation du virus, à faire respecter la quarantaine ou le confinement. Elles s’appuient sur les données personnelles des citoyens, sur leurs données médicales, sur les données de leurs déplacements, de leurs comportements et de leurs interactions.

Ces mesures posent évidemment un problème quant au maintien des libertés civiles et au respect de la vie privée, mais pas seulement. Elles soulèvent un problème de contrôle démocratique, chaque fois qu’elles sont mises en place le plus vite possible, sans débat public, et dans le cadre légal de dispositifs d’« urgence ». Dans ce contexte, l’efficacité technologique présumée prend le pas sur toute forme de délibération au sujet des conséquences sociales et politiques escomptées.

Enfin, de nombreuses initiatives prennent la forme de partenariats public-privé entre État et GAFAM, ainsi que d’autres entreprises du numérique qui possèdent un capital de données sur les comportements, les interactions et les déplacements de leurs utilisateurs, accumulées pour leur revente ou à des fins publicitaires. Leur emploi dans cette situation exceptionnelle risque de légitimer cette activité d’exploitation illégitime des entreprises du capitalisme de la surveillance et de normaliser la collecte de ces informations, surtout si la crise sanitaire devait se prolonger.

Si cela ne signifie pas que toutes les solutions mises en place dans le contexte de l’épidémie sont nuisibles et indésirables, nous devons néanmoins être en mesure de les connaître, de les juger et de les critiquer.

Cette base de données est construite pour recenser et pour documenter les mesures de surveillance mises en place, les partenariats public-privé en matière de partage et d’analyse de données et les problèmes politiques et juridiques que ces initiatives soulèvent.

Vous pouvez contribuer directement sur le document ou nous contacter si vous êtes intéressés à suivre les mesures mises en place par un pays, ou dans une région du monde.

En ces temps d’urgence, plus que jamais, nous avons besoin de renforcer nos défenses immunitaires contre la surveillance.

Maud Barret Bertelloni @MEBertelloni

Pour participer : https://ethercalc.org/gq47xdrzw99y

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Les moutons numériques rêvent-ils de technocritique ?

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