Il est là, il est tout chaud, il vient de sortir, le nouvel épisode de Planète B ! Co-écrit par Clémence Gueidan, Hugues Robert et moi-même, on y parle de technopolice, de droïdes de maintien de l’ordre, d’IA juridiques et d’arsenal plus ou moins létal (plutôt plus) destiné à mater la révolte.
J’ai même pu parler de COPS et de Dogs in the Vineyard, t’imagines ?
Au programme :
- Armes de guerre et armes de paix
- Enquêtes et maintien de l’ordre (mais lequel ?)
- Programmation de la loi et technopolice prédictive
- RoboCop et Dredd bien-sûr !
Bon épisode.
Mais que fait la technopolice ?
Des blindés avec caméras à vision thermique, des drones, des grenades, une police en armure lourde… Cet arsenal ressemble à s’y méprendre à une dystopie et pourtant. Cet arsenal, c’est celui du maintien de l’ordre en France, aujourd’hui, en 2026.
Un équipement qui va de pair avec des méthodes documentées et dénoncées par la FIDH et l’OMCT.
En septembre 2025, ces ONG ont livré un rapport de 88 pages intitulé “France : démocratie en décrochage”. Elles y détaillent la répression grandissante à l’encontre de la société civile, et la judiciarisation à tout crin du maintien de l’ordre.
Un dossier accablant qui fait écho aux travaux du chercheur Sebastian Roché, spécialiste des questions liées à la police.
Dans un article publié en 2024, il chiffre précisément les violences lors des manifestations contre les réformes des retraites en 2010 et 2023. Et la comparaison est sans appel : des interpellations plus offensives, plus agressives, plus de confrontations physiques et un usage accru de certaines armes type LBD et grenades. Bref, une escalade de la violence considérable, qui fait exploser le nombre de blessés.
Dans une interview à Reporterre, le sociologue explique : « aucun autre pays ne compte autant de mutilés après des opérations de gestion de foule ». Une exception française dont on se passerait bien ! Selon lui, les seuls pays comparables sont « les anciennes dictatures des pays du sud de l’Europe et les ex-pays communistes » où la police autoritaire servait à imposer les choix de l’Etat.
Résultat : Conseil de l’Europe, ONU, Cour européenne des droits de l’Homme ont successivement tiré la sonnette d’alarme depuis 2019. Les rappels à l’ordre se multiplient, mais l’escalade se poursuit.
Au delà des rapports et des chiffres, certains veulent “raconter les choses de manière différente, […] avoir un discours plus général sur le maintien de l’ordre en France, la police, les armes de la police.” C’est le parti pris du duo d’artistes fleuryfontaine. Ces spécialistes de la 3D mettent en scène la répression policière à travers des oeuvres vidéo et des installations.
Qu’ils utilisent des photographies de blessures authentiques dans Pax, des vidéos de violences dans Contraindre ou des enregistrements de caméras de surveillance dans Soixante-sept millisecondes, ils partent systématiquement de données et de sources réelles. Puis ils les mélangent ou les recréent avec des images de synthèse, font rejouer les scènes par des danseuses en combinaison de motion capture : rien n’est montré frontalement pour préserver la dignité ou la mémoire des victimes.
Pour cet épisode, nous aussi on a voulu raconter autrement. En s’intéressant à ce que la science fiction a à nous dire du maintien de l’ordre et des figures d’autorité. Ensemble, on va démonter un appareil police-justice bien huilé. Des lois programmées à l’exécution des peines automatisée en passant par l’investigation assistée par IA, aujourd’hui dans Planète B, on se demande “mais que fait la police ?”
Maintien de l’ordre
Comme dans la vraie vie, dans la science-fiction, la police est là pour faire respecter l’ordre.
Faire respecter l’ordre, ça peut être un travail très ordinaire. Sauf que les flics version SF ont systématiquement droit à des moyens extraordinaires. C’est le cas dans Patlabor, franchise créé par Masami Yūki en 1988 et déclinée en manga, en anime puis en trois longs-métrages, dont deux réalisés par Mamoru Oshii, quelques années avant qu’il ne s’attaque à l’adaptation de Ghost in the Shell.
Patlabor se déroule dans un Tokyo très proche du nôtre, à une différence près : des robots géants, les Labors, sont utilisés un peu partout. On en trouve sur les chantiers, dans l’industrie, et évidemment, certains sont détournés pour commettre des crimes. La police a donc sa propre unité de méchas et on suit le quotidien de cette brigade, chargée d’assurer la sécurité en ville. Au programme, des pannes, des arrestations de malfrats, de la gestion de dégâts collatéraux et du remplissage de paperasse administrative.
Mais avec son ton de comédie de brigade et ses pauses café, la version télévisée de Patlabor ferait presque figure d’exception. Dans l’immense majorité des cas, la police du futur présente un visage bien plus sombre.
C’est le cas dans Dominion, manga publié en 1985 signé Masamune Shirow, le créateur de Ghost in the Shell. Exit les méchas, ici les flics patrouillent en tanks. Une version plus militariste, plus violente, plus acide que Patlabor, mais non sans humour et qui connaîtra aussi une adaptation en anime.
Même constat du côté des jeux vidéo : l’imaginaire convoqué est brutal et la violence devient la grammaire même de l’action. Dans Future Cop: L.A.P.D développé par EA Redwood Shores en 1998, on sillonne un Los Angeles futuriste à bord d’un véhicule-robot avec une mission : mener la guerre au crime.
La police devient avant tout une force de frappe, à l’image de la série de jeux Crackdown, sorte de GTA sauce dystopie lancée en 2006 par Realtime Worlds. On y incarne des représentants de la loi génétiquement augmentés, suréquipés, chargés de “nettoyer” des territoires en détruisant un max d’infrastructures au passage.
Evidemment, impossible de parler de ce fantasme du super-flic, machine à faire régner l’ordre, sans évoquer Judge Dredd, l’iconique personnage créé par John Wagner et Carlos Ezquerra en 1977. On y reviendra en détail un peu plus tard dans l’émission.
Avant ça, puisqu’on a parlé de jeux vidéo, prenons aussi un instant pour s’intéresser aux mécaniques à l’oeuvre dans les jeux de rôles. Ici, la question n’est plus “que fait la police ?”, elle devient “que peut faire la police ?” et c’est Antoine qui y répond.
Quand on n’a qu’un marteau… par Antoine Daer
En 2020 l’économiste Paul Rocher publiait aux éditions indépendantes La Fabrique un petit essai nommé Gazer, mutiler, soumettre, politique de l’arme non létale ; qui détaillait comment les équipements du maintien de l’ordre influençent de fait la manière qu’ils ont d’être utilisés. Ou comment l’outil conditionne son usage.
Les armes considérées comme “non létales” sont d’autant plus utilisées de manière intensive et très peu regardante, parce qu’elles sont précisément considérées comme peu dangereuses.
En design, c’est ce qu’on appelle “l’affordance” : un objet “bien conçu” (entre guillemets) incite de lui-même à son utilisation. Comme le smartphone ou le LBD, par exemple. Ils donnent envie, besoin, d’être utilisés.
En 2003, les auteurs et gamedesigners Nicolas Benoist, Croc et Geoffrey Picard publiaient COPS, un jeu de rôle d’anticipation basé sur les séries de flics étasuniennes de l’époque. On y incarnait collectivement des policiers de Los Angeles en 2030 – époque futuriste où la Californie était devenue indépendante suite à une dérive dictatoriale des Etats-Unis.
Tout ceci n’était que pure fiction, bien entendu.
De quoi se moquer gentiment des clichés des films et séries du genre, Bad Boys, Fast & Furious, NY Unité Spéciale et compagnie ; mais aussi interroger en creux sur le rôle de la police dans un état nouvellement indépendant et considéré comme la dernière démocratie libérale d’Amérique du Nord, dans l’univers du jeu.
Sectes, gangs, mafias, délinquance en col blanc, le monde de COPS est chargé et donne beaucoup de fil à retordre aux personnages flics. Mais surtout, en voulant émuler et reproduire les scènes des fictions dont il s’inspire (des films d’action pour la plupart), le jeu développe un gamedesign qui s’articule uniquement autour de 3 thématiques : combat, interrogatoires et poursuites.
Sans le vouloir, il illustre le concept d’affordance observé par Paul Rocher : quand on n’a qu’un marteau, tous les problèmes finissent par ressembler à un clou. Quand on a qu’un flingue, tout le monde devient une cible.
Il y a pourtant de nombreuses manières d’illustrer le fait de devoir faire appliquer la loi par les personnages. Dans Disco Elysium, jeu vidéo de Robert Kurvitz, Kaur Kender et le studio ZA/UM, dont on déjà parlé dans cette émission, le moteur de jeu est uniquement tourné vers le dialogue – et donne donc des possibilités totalement différentes.
De quoi m’amener vers un dernière exemple.
En 2004 le gamedesigner Vincent Baker sortait aux éditions américaines Lumpley games son jeu Dogs in the vineyard, jamais traduit en français mais souvent cité comme l’un des plus connus et influent de la sphère du jeu de rôle indépendant.
Dans un monde de western alternatif, les personnages incarnent des gardiens de la foi mormone, voyageant de communauté de colons en communauté de colons pour arbitrer les différends entre habitants, juger et appliquer – parfois par la force – ce qu’ils considèrent comme être la justice divine.
Un pitch classique de jeu de “chasse aux sorcières” ou “d’enquête occulte” comme L’Appel de Cthulhu, un mastodonte dans le genre.
Or, tout le propos et la beauté du jeu vient du flou dans lequel il laisse les personnages face à des situations volontairement complexes et ambiguës. Le pouvoir d’action est immense, mais tous les choix ont des conséquences. Libre à chacun de s’armer jusqu’aux dents, et de faire usage de ces armes, à condition d’assumer les dégâts que l’on s’apprête à commettre. Faut-il répudier cette sorcière jugée hérétique même si elle créé des médicaments pour la population ? Faut-il éloigner ce parent violent même s’il subvient aux besoins de ses jeunes enfants ? Aucun choix n’est réellement bon, et toutes les situations sont intriquées.
Le système de jeu émule moins la force de frappe des personnages que l’aggravation des conflits et situations dans lesquels ils interviennent.
De quoi alimenter intelligemment la réflexion autour de la loi (divine, en l’occurrence), son application, ses conséquences et son interprétation, dans le cadre d’un jeu de rôle.
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Si Dogs in the vineyard incite à la réflexion, la police dépeinte par Terry Gilliam dans Brazil, elle, a laissé son esprit critique au vestiaire. Dès l’ouverture du film, une simple faute de frappe déclenche une descente façon commando dans le salon de la pauvre famille Buttle. Le raid se déroule comme la plus banale des procédures administratives. Les agents sont casqués, anonymes, et appliquent la violence en mode pilote automatique, comme les symptômes aussi absurdes que terrifiants d’une machine bureaucratique devenue aveugle et sourde.
On change de régime donc : de la police qui traque des criminels, on passe à la police qui neutralise des citoyens et fabrique l’ordre politique.
Dans V pour Vendetta, l’organe de la répression, celui qui frappe, s’appelle très logiquement le Doigt. S’il faut enquêter en revanche, c’est un autre service, le Nez, qui s’y colle. La bande dessinée réalisée par Alan Moore et David Lloyd entre 1982 et 1990, puis adaptée au cinéma en 2006 par James McTeigue sur un scénario des soeurs Wachowski, nous plonge dans une Angleterre fasciste. Le parti Norsefire y règne par la peur. Les agents du Doigt, les Fingermen, en sont le bras armé : ils quadrillent les rues, violentent les minorités et font disparaître les opposants.
Autres régimes totalitaires, autres pratiques : avec 1984 et Equilibrium, on franchit un cap. La répression ne vise plus seulement la rue, elle vise l’intérieur.
Dans l’incontournable roman de George Orwell, il existe bien une police “ordinaire” mais elle importe peu, c’est Winston lui-même qui le dit. Ici, le véritable maintien de l’ordre passe par l’autocensure que tout un chacun s’applique pour échapper à une Police de la Pensée à la fois invisible et omniprésente. Les penseurs dissidents démasqués iront se faire “corriger” au Ministère de l’Amour, à coups de torture et de lavage de cerveau.
C’est notamment cette idée d’autocensure et de société intégralement disciplinaire, inspirée des travaux de Michel Foucault, qui avait été actualisée par Alain Damasio en 1999 dans son premier roman : La Zone du Dehors. La société de Cerclon y apparaissait comme un cauchemar disciplinaire et policier mais presque impeccablement… démocratique.
Dans Equilibrium de Kurt Wimmer, même pas besoin d’autocensure, il suffit de prendre sa dose quotidienne de Prozium pour neutraliser toutes ses émotions. Avec ça, plus de colère, plus d’amour, plus rien, nada. Mais gare aux récalcitrants. Les déviants émotionnels, seront exécutés par la milice de l’ordre : les ecclésiastes Grammatons. Très loin des super-flics en armure, ils portent de longs manteaux noir au col montant, des gants et des cheveux bien peignés. Un look froid et austère, exactement à l’image de leur doctrine.
Dans la science-fiction toutefois, ce n’est pas toujours un parti politique qui est aux commandes. Souvent, l’appareil étatique a fusionné ou carrément été remplacé par des méga-corporations toutes puissantes. Dans ce contexte, le maintien de l’ordre se privatise et l’ordre en question devient avant tout économique : polices et milices défendent les intérêts de ceux qui paient.
RoboCop est l’incarnation très littérale de cette fusion : mi-homme, mi-machine, il est aussi mi-flic, mi-produit. Dans le Detroit de Paul Verhoeven, la mégocorpo OCP, Omni Consumer Products, ne se contente pas de financer la police, elle en devient gestionnaire. Son objectif : nettoyer les quartiers pauvres pour les rendre exploitables. Pour ça, elle développe le fameux RoboCop, calibré pour exécuter sa mission en bon prestataire de service.
Qu’il s’agisse de lutter contre le crime, d’étouffer des contestations ou de défendre le grand Capital, il y a un point commun à toutes ces versions des forces de l’ordre : le recours à la technologie. Non seulement elle accompagne les technoflics sur le terrain à coup d’exosquelettes, de méchas et d’armes surpuissantes…
… mais la tech va aussi régulièrement être prétexte à l’action. Hé oui, c’est le moment où on aborde la question de la de justice prédictive et c’est Hugues qui nous en parle.
Violence algorithmique et violence physique, par Hugues Robert
Dans une longue nouvelle de 1956, traduite en français en 1975 par Mary Rosenthal, puis en 2000 par Hélène Collon, sous le titre « Rapport minoritaire », Philip K. Dick imaginait une unité spécialisée dans la prévention des crimes et délits en tout genre (et pas uniquement des meurtres) à partir des pouvoirs prédictifs coordonnés et – le plus souvent – unanimes de trois mutants pouvant discerner partiellement l’avenir. Adapté au cinéma par Steven Spielberg en 2002, en restreignant le champ d’application de cette « technologie » aux meurtres, « Minority Report » explorait ainsi de façon particulièrement incisive la notion même de justice prédictive – et donc, comme souvent chez Philip K. Dick, celles de déterminisme, de libre arbitre… et de paranoïa !
La bonne science-fiction excelle dans le pas de côté, et nous parle avec ruse d’ailleurs et de demain pour nous aider à appréhender ce qui se passe ici et maintenant. Philip K. Dick écrivait son texte cinquante ans avant qu’un ministre de l’intérieur français, devenu plus tard président de la République et repris de justice, n’introduise en 2005 dans une proposition de loi sur la prévention de la délinquance l’idée de détecter les troubles du comportement prémonitoires chez les enfants, dès la maternelle… Au-delà de cette propension à flatter les instincts sécuritaires au détriment de toute réalité scientifique, c’est bien à un retour de ce fantasme, sous une forme différente, que nous incite la détection algorithmique des comportements suspects, que nous avions déjà largement évoquée dans notre épisode sur la surveillance en février 2023.
« Minority report » nous montrait déjà, dans sa métaphore mutante, que s’il y a en théorie égalité devant la loi, il n’y aura pas en pratique égalité devant l’algorithme.
Deux auteurs contemporains, chacun à sa façon, ont mis en scène la difficulté de saisir les ressorts intimes qui sont à l’œuvre dans cette prédiction ultra-statistique, quel qu’en soit l’habillage marketing. Dans son « Collisions par temps calme » de 2021, publié chez l’éditeur indépendant La Volte, Stéphane Beauverger montre avec beaucoup de sérénité, presque paradoxale, la somme d’efforts, la vigilance et la patience nécessaires pour que l’humain garde le contrôle et la compréhension de son outil informatisé d’assistance « totale ».
Dans son « Gnomon » de 2017, traduit en 2021 par Michelle Charrier chez l’éditeur Albin Michel, Nick Harkaway organise très directement le frottement entre une machine algorithmique de gestion totale des crimes et délits, et ses contrôleurs humains, policiers professionnels expérimentés, qui s’efforcent d’éviter les plus tragiques « hallucinations » de la machine (cinq ans avant que le terme ne soit popularisé par les errements désormais bien connus de certains grands modèles de langage utilisés hors de leur champ de véritable compétence).
Car en matière de justice algorithmique, ou prédictive, la science-fiction, chez Philip K. Dick et Steven Spielberg comme chez Nick Harkaway, nous rappelle, à l’instar des romans policiers et des séries télévisées dans leur domaine plus immédiat, que, derrière la prise de décision policière assistée (jusqu’à quel point, justement ?) par l’algorithme, se profile une violence automatisée à son tour, jusque dans ses moindres conséquences concrètes – ce qui nous renvoie à nouveau à l’équation tragique « investigation vs. maintien de l’ordre » qui hante le travail de police en démocratie – dont Judge Dredd et Robocop seraient nos témoins imaginaires, jusqu’à un certain point.
Investigation
Au-delà de la violence qu’elle produit, dans ses mécanisme et dans les actions qui en résultent, la justice prédictive poussée à son paroxysme, c’est aussi la fin de tout processus d’investigation. Ben oui : à quoi bon enquêter si on sait déjà qui sont les coupables ?
Lancée en 2011, la série Person Of Interest s’appuie précisément sur une mécanique qui joue avec cette réflexion. Dans l’univers imaginé par Jonathan Nolan à qui on doit aussi l’excellent Westworld, une machine prédit les crimes. Problème : elle ne dévoile qu’un numéro de sécu. Pas de nom, pas de mobile, pas de contexte. Pas même de certitude sur le rôle de la personne. Victime ou coupable ? On ne sait pas ! Ici, la technologie prédit mais ne dit pas. Un dispositif absurde mais astucieux d’un point de vue narratif, puisqu’il qui permet de replacer les enquêteurs au coeur de l’action.
Dans Person of Interest, cette fameuse machine est alimentée par toutes les données possibles et imaginables auxquelles le gouvernement a accès : enregistrements de caméras, appels téléphoniques, SMS, traces GPS, reconnaissance faciale et vocale. Tout le monde est surveillé, tout le temps.
Ce refrain vous semble familier ? Pas étonnant : en matière de surveillance la réalité n’a plus grand chose à envier à la science-fiction. D’après Félix Treguer, entre les drones, les logiciels prédictifs, la vidéosurveillance algorithmique, la reconnaissance faciale, l’arsenal technologique à disposition des flics est de plus en plus important et banalisé. Le chercheur l’explique dans Technopolice : la surveillance policière à l’ère de l’intelligence artificielle, publié en 2024 chez Divergences.
Pour lui, ces technologies de surveillance participent à ce qu’il nomme “une colonisation de l’intérieur” : nos propres institutions nous traitent comme un territoire hostile à pacifier, sans plus jamais s’interroger sur les causes des désordres. Il souligne leur incompatibilité fondamentale avec les formes de vie démocratique. Argument massue : avec ce type de dispositifs déployés dans les années 40, les réseaux clandestins de résistance contre le nazisme n’auraient jamais pu s’organiser.
Et vous ? Vous feriez quoi, à la place de ceux qui surveillent ? Si vous avez un doute, deux jeux vous tendent la manette ! Dans Orwell, vous jouez l’opérateur qui alimente un système de surveillance : vous fouillez des traces numériques, récoltez des infos et décidez de ce qui compte. Le jeu met en scène une idée simple : la vérité est construite par ce qu’on choisit de retenir.
Avec Beholder, c’est la surveillance version palier d’immeuble. On incarne un concierge aux ordres d’un régime totalitaire : pose de micro, fouille, dénonciation deviennent votre quotidien… À moins que vous ne décidiez de protéger les locataires ? À vous de choisir, mais gardez à l’esprit que dans tous les cas, il y aura des conséquences.
Vous vous dites peut-être que les méthodes décrites par ces jeux sont bien trop proches de la réalité. Rassurez-vous, la science-fiction a encore un peu d’avance. En plus de fouiller les poches et les téléphones, elle ouvre la porte au terrain d’investigation le plus intime qui soit : notre esprit.
Dès 1952, Alfred Bester explore le sujet avec L’Homme Démoli. Il y décrit un futur où certaines personnes sont télépathes. On les appelle les “extrapers”. Bien pratique quand on mène l’enquête comme le préfet Lincoln Powell. Sauf que les sondages télépathiques n’ont aucune valeur juridique. Il faut donc boucler les dossiers “à l’ancienne” et présenter des preuves. Un cadre astucieux pour traiter des questions de droit, d’éthique et de responsabilité liées à un tel pouvoir.
Dans le jeu vidéo Observer en revanche, exit les considérations déontologiques. Vous êtes un neuro-enquêteur et vous avez un véritable permis pour hacker l’esprit des suspects via leurs implants cérébraux. Peurs, traumas, obsessions, souvenir… Tout est bon pour faire avancer l’enquête. Mais attention. Plus vous plongez profond dans les méandre de ces psychés qui ne vous appartiennent pas, plus la vôtre risque d’en pâtir.
Avec tous ces exemples, on pourrait croire que la technologie n’est que vecteur de coercition, moyen ultime de forcer les portes de l’intime et de contrôler les populations. On oublie un peu vite qu’elle peut aussi accompagner les enquêteurs autrement : en leur fournissant des partenaires d’investigation.
Dans de nombreuses œuvres de science-fiction, le duo traditionnel se réinvente : à côté de l’humain apparaît un coéquipier androïde, synthétique, qui n’enquête pas tout à fait comme lui. Il peut apporter une logique implacable, une force physique surhumaine, ou encore des capacités d’analyse hors du commun. Il peut agacer, aussi parfois.
Dans Mars Express, la détective Aline Ruby collabore avec Carlos Rivera, un “sauvegardé” – un ancien humain tué en mission et dont l’âme a été transférée dans un être mécanique. Un personnage complexe, dont la nature artificielle soulève autant de questions qu’elle n’apporte de solutions.
La série Almost Human, John Kennex, un flic désabusé, est contraint de faire équipe avec Dorian, un androïde alors qu’il les considère beaucoup moins efficaces que les être humain. Mais Dorian est différent : retiré du marché suites à des défaillances ; ce modèle est capable d’éprouver des émotions.
Et puis bien sûr, il y a le Cycle des Robots d’Asimov, où Elijah Baley, détective terrien profondément robotphobe, doit apprendre à travailler avec R. Daneel Olivaw, un robot humanoïde d’une franchise désarmante. Peu à peu, le respect remplacera la méfiance puis laissera place à l’attachement.
Par leur altérité, les androïdes questionnent les préjugés, l’empathie et invitent leurs binômes faits de chair et d’os à regarder leurs angles morts. Le partenaire artificiel n’est plus un simple outil : il devient un collègue, parfois un ami, et force l’enquêteur humain à reconsidérer les frontières entre le vivant et la machine. Si cet aspect précis vous intéresse, sachez qu’on a déjà consacré un épisode entier au sujet ! Il s’intitule Les robots ont-ils un cœur et une âme ? et il est sorti en juillet dernier.
Au fond, la science-fiction permet de revisiter la figure de l’enquêteur, de la tester dans des configurations inédites qui révèlent autant nos fantasmes technologiques que nos craintes. C’est justement ce dont Hugues va nous parler.
La figure de l’enquêteur revisitée, par Hugues Robert
Nous vivons dans un monde en général et dans un pays en particulier où il semble beaucoup plus facile pour la puissance publique d’acheter 5 ou 6 ans de stocks de grenades de désencerclement que de recruter un ou deux policiers ou magistrats supplémentaires en matière de lutte contre la criminalité financière et la corruption.
Cette évolution, et la défiance qui l’accompagne quant au lien police-justice en matière d’investigation, n’est certes pas nouvelle : le roman noir de Dashiell Hammett et de Raymond Chandler, avec la figure du détective privé « dur à cuire » naît dans les années 1930 en grande partie de la corruption rampante alors observée parmi les forces de police aux Etats-Unis, tandis que la révolution du roman policier dit « procédural », conduite entre 1965 et 1975 par le couple Maj Sjöwall et Per Wahlöo, en dix romans constituant une fabuleuse fresque, politique, intime et désenchantée, documentait justement la dérive précoce de la police – suédoise, en l’occurrence – vers toujours plus de maintien de l’ordre et toujours moins d’enquête « réelle ».
La science-fiction contemporaine engendre elle aussi ses figures emblématiques de détective privé, pour des raisons peut-être un peu différentes.
On doit évoquer le regretté George Alec Effinger (décédé en 2002) et son héros ambigu Marid Audran, détective privé totalement cyberpunk évoluant dans l’univers virtuel arabisant de « Gravité à la manque », publié en 1986, et de ses deux suites. Sous son apparent humour désenchanté, il s’agit peut-être de l’une des plus pénétrantes incisions fictionnelles qui soient dans les liens entre business, technologie, crime et absence de justice crédible.
Mais je voudrais insister sur deux personnages que je trouve particulièrement emblématiques.
Dans « The Expanse », la série de romans de James S.A. Corey, publiée entre 2011 et 2021, et traduite en français par Thierry Arson aux éditions Actes Sud, et dans la série télévisée qu’en ont adaptée Mark Fergus et Hawk Ostby entre 2015 et 2022, le personnage de Joe Miller incarne dès les premières pages et les premières minutes un étonnant « devenir-privé » de l’enquêteur archétypal. Coiffé de son inséparable chapeau tout droit hérité de Dashiell Hammett et de Raymond Chandler, justement, ce contractuel d’une société de sécurité privée se retrouve en plein milieu du carrefour des contradictions. Sur l’astéroïde Cérès, il est joliment écartelé, à sa manière nonchalante, entre les intérêts publics et les intérêts privés, les enquêtes qu’on lui demande de bâcler, celles qu’on lui demande d’oublier purement et simplement, les pressions à exercer sur les syndicalistes ou les services à rendre à d’importants businessmen. Je ne vais pas vous révéler comment il se sortira de cette situation inextricable (s’il s’en sort, d’ailleurs !), mais il incarne à la perfection une forme de perdant magnifique qui se révèlera, au prix de quelques paradoxes et d’une ou deux jolies acrobaties scénaristiques, comme moteur d’un renouveau démocratique hautement inattendu.
Dans « Un homme d’ombres » et ses trois suites à date, publié en 2017 et traduit en français par Marie Surgers et Christel Gaillard-Paris aux éditions La Volte, le grand Jeff Noon (dont il faut aussi absolument lire les romans « Vurt » et « Pollen », de 1993 et 1995, où l’investigation policière joue déjà un rôle essentiel) introduit le personnage de John Nyquist, lui aussi détective privé archétypal, sans chapeau aussi affirmé que celui de Joe Miller, mais sans doute encore plus « dur à cuire ». Dans un univers post-cyberpunk, hanté par des drogues et des technologies presque en roue libre, où la puissance publique est le plus souvent en mode clignotant face aux divers intérêts privés, des plus citoyens aux plus criminels, et où la corruption rampe aussi plus ou moins discrètement, John Nyquist trace sa route apparemment erratique, désenchantée en diable, mais toujours très curieusement joyeuse, dans des villes changeantes, à l’imagination totalement débridée, qui permettent à chaque fois à Jeff Noon d’explorer de nouvelles modalités du réel, de la fiction et du crime qui s’y joue.
Dans la science-fiction comme dans le réel actuel, l’enquêteur, détective privé ou flic obstiné et consciencieux, peut apparaître avant tout comme une figure du désenchantement. A la lecture de ces ouvrages, vous serez peut-être surpris de découvrir à quel point il peut néanmoins incarner quelques espoirs joliment paradoxaux. Comme d’ailleurs son double, son frère en imaginaire, le journaliste d’investigation – qui mériterait peut-être bien, dans le futur, un épisode de Planète B à part entière ?
Législation
Avant l’investigation, avant le maintien de l’ordre, il y a la création de la loi. Comment une société décide-t-elle de ce qui est permis ou interdit ? Le crime n’est pas une constante, c’est un curseur politique et culturel.
La science-fiction adore ce terrain-là. Elle prend ce curseur — “qu’est-ce qui est légal, qu’est-ce qui ne l’est pas ?” — et le projette dans des mondes où la technologie rebat les cartes. Quand les robots deviennent des acteurs sociaux, il faut bien inventer des règles pour les encadrer. C’est précisément ce que fait Asimov avec ses trois Lois de la Robotique : ici, la loi sert d’abord de bouclier, de garde-fou pensé pour protéger les humains.
La loi bouge, tout le temps. Et avec elle, la définition même de ce qui est “criminel”. Des actes autrefois répréhensibles ont cessé de l’être : en France, l’usage de la contraception a été autorisé à la fin des années 60, l’IVG a été dépénalisée en 1975, et l’homosexualité en 1982.
Mais dans la science fiction, la légalisation de certaines pratiques n’est pas nécessairement synonyme de progrès. Bienvenue à Gattaca d’Andrew Niccol illustre très bien cette idée. Sorti en 1997, on y découvre un futur où l’eugénisme se pratique à grande échelle : conception in vitro et sélection embryonnaire pour ne garder que les individus jugés optimaux. La discrimination génétique est officiellement illégale mais dans les fait, le profilage ADN est omniprésent. Résultat : les “valides” accèdent à des emplois qualifiés, alors que les “in-valides”, ceux conçus naturellement, sont relégués à des tâches subalternes. L’ironie est glaçante : la loi prétend protéger, mais l’infrastructure rend l’inégalité automatique.
Le mécanisme peut aussi s’inverser : des pratiques politiques peuvent être requalifiées en menaces. Et c’est le cas aujourd’hui. Amnesty International le dit très clairement dans un rapport publié en juillet 2025 : en France, les mobilisations écologistes feraient l’objet d’une criminalisation et d’une stigmatisation croissantes, avec un effet dissuasif sur l’action collective.
C’est exactement ce type de renversement que met en scène Cory Doctorow dans Little Brother publié en 2008 : après un attentat terroriste à San Francisco, Marcus, lycéen féru de technologie, est arrêté. Interrogé, détenu sans inculpation, il découvre que sa ville s’est transformée en un gigantesque dispositif de surveillance où chaque déplacement, chaque transaction, chaque connexion est scrutée au nom de la sécurité nationale. Les libertés fondamentales sont suspendues, et ceux qui osent protester – notamment les jeunes militants – deviennent des suspects par défaut.
Avec Bonheur™, Jean Baret va plus loin. Après les lois d’exception qui criminalisent, voici la coercition par le droit : dans son roman publié aux éditions du Bélial’ en 2018, la consommation n’est plus un choix, c’est une obligation légale. Le héros est flic, affecté à la section des “Crimes à la consommation”. Son job : de traquer les écarts, les “sous-consommations”.
Puisque la société est en constante évolution cela veut dire qu’il faut ans cesse produire de nouvelles lois. Tentant, dans ce contexte de se simplifier la vie en la programmant. Mais est-ce vraiment une bonne idée ? Des éléments de réponse avec Antoine.
Programmer la loi ? par Antoine Daer
En tant que système normé et normatif, supposé s’appliquer à toutes et tous de la même manière – en tous cas dans un état de droit – la loi ouvre la porte au fantasme d’être programmée informatiquement pour plus “d’efficacité”.
Et là je ne vous parle pas seulement de SF. Dans le monde réel, les recours juridiques aux IA se multiplient partout dans le monde, y compris, c’est nouveau, pour écrire les lois ! C’est en tous cas ce qu’à déclaré en avril 2025 le vice-président des Emirats Arabes Unis Mohamed Bin Rashid Al-Maktoum. Les avantages annoncés : gagner jusqu’à “70%” de rapidité dans la conception des lois.
Comprendre : se passer des discussions parlementaires pour s’en remettre à une supposé “efficacité” de la machine. Comprendre encore : exit la démocratie (déjà très très très relative), exit la représentation nationale, “la culture du compromis” et – soyons fous – l’intérêt général. Réduire tout le travail d’écriture, promulgation, application et interprétation des lois dans une machine, voilà bien un fantasme exploité depuis longtemps par la science-fiction.
En matière de maintien de l’ordre, la réduction ultime de tout l’appareil judiciaire et policier (ou presque) est surtout incarnée par Judge Dredd, inventé en comics par John Wagner et Carlos Ezquerra en 1977 ; et brillamment incarné au cinéma par Sylvester Stallone en 1995 dans le film de Danny Cannon.
Dans cet univers, Dredd et les autres juges incarnent le fantasme d’une justice expéditive et resserrée au maximum. Une caste de “juges” regroupe donc les pouvoirs de police, jurés et d’exécution des peines, qu’ils distribuent en pleine rue. Le “monopole de la violence légitime” est assuré par le blocage ADN des flingues dont disposent les juges, les “lawgivers” ou “législateurs” en français. Une seule peine : l’enfermement. Et l’assassinat pur et simple en cas de refus d’obtempérer. Toute ressemblance, etc.
Cette parodie de justice semble justifiée par le délabrement des conditions de vie générales dans cette société postapocalyptique, où l’humanité s’entasse dans des “mégacités” surviolentes et surpeuplées, gangrénée par les émeutes et toutes les violences possibles.
Avec sa devise “I am the law”, Dredd ressemble un peu à une version honnête de l’obsession superhéroïque à se prendre pour “la justice”, et à dispenser directement des peines à grands coups de lattes et d’armes en tous genres.
Tout le système repose sur son incorruptibilité apparemment totale, et son comportement d’armoire à glace appliquant le code avec froideur.
Pourtant la réduction du système judiciaire sur quelques individus uniques et dotés de tous les pouvoirs n’est pas encore totale. Déjà, Dredd a une loi a laquelle se référer, et à laquelle il est lui aussi soumis.
Ensuite, le facteur humain n’est pas totalement évincé de l’équation. Les juges sont, dans le feu de l’action et avec leurs outils militarisés, quand même en mesure d’interpréter et de décider.
Ce n’est plus le cas dans PsychoPass, animé de Naoyoshi Shiotani and Katsuyuki Motohiro sorti entre 2012 et 2013. Pour le coup, les agents de police sont intégralement soumis à un système d’IA, Sybil, qui met la société entière en coupe réglée et va jusqu’à déverrouiller les armes des agents. Tirez dans le tas, si le coup part c’est que quelqu’un avait quelque-chose à se reprocher.
Cette pseudo-justice est une domination, qui ne s’en cache même pas. Les armes en questions ne s’appellent pas “legislateurs” comme dans Judge Dredd, mais Dominators. No comment.
Comme dans RoboCop, film de Paul Verhoeven, sorti en 1987, les agents chargés de faire respecter la loi sont en fait des forces armées d’un certain ordre social, régi par leur programmation.
La firme OCP qui produit les robots flics, dans RoboCop, prend bien garde de se ménager des mesures de sécurité pour se placer au-dessus des lois. RoboCop ne peut rien contre ses cadres dirigeants. La justice supposément démocratique, est soumise à ses sous-traitants privés.
Le code c’est la loi, la loi c’est le code.
Conclusion
À travers tous ces exemples, la science-fiction nous met en garde : automatiser la justice, c’est risquer de la figer. Et cette rigidité commence dès la conception même de la loi. Utiliser l’intelligence artificielle pour légiférer, comme on commence à l’envisager dans certains pays, pose un problème fondamental : le programmes d’IA ne peuvent pas anticiper ce qui n’existe pas encore dans leurs données d’entraînement, ils ne font que recycler l’existant. Comment dans ces conditions pourraient-ils s’adapter aux transformations sociales, aux nouvelles revendications, aux combats pour les droits ?
Et ce n’est pas tout. Cette capacité d’évolution doit aussi se jouer à l’autre bout de la chaîne, au moment de l’application de la loi. C’est le rôle du juge. Et c’est justement cette marge d’interprétation humaine qui permet à la justice de progresser. Sans elle, pas de nouvelle jurisprudence. Pas de revirements historiques comme ceux du juge Magnaud. À la fin du XIXe siècle, ce “bon” juge relaxait des voleuses de pain en invoquant l’état de nécessité. Des décisions « déviantes » qui ont fait évoluer le droit. Elles ont créé de la jurisprudence là où l’application stricte aurait perpétué l’injustice.
Au fond, ce que la science-fiction nous rappelle sans cesse, c’est que la justice n’est pas un système à optimiser, c’est un combat perpétuel. Combat contre nos propres biais, contre les dérives sécuritaires, contre la tentation de l’efficacité au détriment de l’humanité.
Les méchas de patrouille, les algorithmes prédictifs, les lois programmées, les peines automatisées… tout cela promet plus de rapidité, plus de contrôle, une prévisibilité rassurante.
Mais la justice n’a jamais eu vocation à être neutre ou mécanique. C’est un équilibre fragile constamment renégocié. C’est précisément parce qu’elle reste imparfaite, mouvante, profondément humaine, qu’elle peut encore – parfois – être juste.
*
C’est la fin de ce 24ème épisode de Planète B, merci de l’avoir suivi !
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L’équipe
Auteurs : Clémence Gueidan, Hugues Robert, Antoine Daer
Montage : Guillaume Cage
Son : Baptiste Veilhan, Théo Duchesne
Graphisme : Morgane Sabouret, Margaux Simon
Production : Hicham Tragha
Directeur du développement des collaborations extérieures : Mathias Enthoven
Co-directrice de la rédaction : Soumaya Benaïssa
Directeur de la publication : Denis Robert
Références citées
RAPPORT : France : démocratie en décrochage. Entraves à l’exercice des libertés associatives et de la liberté de manifester, FIDH – OMCT, 2025
ARTICLE : Escalade policière contre la protestation et dommages humains lors des réformes des retraites en 2010 et 2023, Sebastian Roché et Laural Miller, 2024
COURT-MÉTRAGE : Soixante-sept Millisecondes, fleuryfontaine, 2025
INSTALLATION VIDÉO : Pax, fleuryfontaine, 2020
COURT-MÉTRAGE : Contraindre, fleuryfontaine, 2020
MANGA : Patlabor, Masami Yūki, 1988-1994
ANIME : Patlabor, studios Deen et Toei Animation, 1988
ANIME : Patlabor, studios Sunrise, 1989-1990
ANIME : Patlabor, studios Bandai Visual, 1990-1992
FILM : The Patlabor: The Movie, Mamoru Oshii, 1989
FILM : The Patlabor 2: The Movie, Mamoru Oshii, 1993
MANGA : Dominion, Masamune Shirow, 1985
ANIME : Dominion: Tank Police, Koichi Mashimo, 1988
JEU VIDÉO : Future Cop L.A.P.D., EA Redwood Shores, 1998
JEU VIDÉO : Crackdown, Realtime Worlds, 2006
BANDE DESSINÉE : Judge Dredd, John Wagner et Carlos Ezquerra, 1977
ESSAI : Gazer, mutiler, soumettre, politique de l’arme non létale, Paul Rocher, éditions indépendantes La Fabrique, 2020
JEU DE RÔLE : COPS, Croc, Geoff et Benoit Attinost, 2003
JEU DE RÔLE : Dogs in the vineyard, Vincent Baker, Lumpley, 2004
FILM : Brazil, Terry Gilliam, 1985
BANDE DESSINÉE : V pour Vendetta, Alan Moore et David Lloyd, 1982-1990
FILM : V pour Vendetta, James McTeigue, 2006
ROMAN : 1984, George Orwell, 1949
FILM : Equilibrium, Kurt Wimmer, 2002
FILM : Robocop, Paul Verhoeven, 1987
NOUVELLE : Rapport minoritaire, Philip K. Dick, 1956
FILM : Minority report, Steven Spielberg, 2002
ROMAN : Collisions par temps calme, Stéphane Beauverger, 2021, La Volte
ROMAN : Gnomon, Nick Harkaway, 2017, Albin Michel
SÉRIE : Person of Interest, Jonathan Nolan, 2011-2016
ESSAI : Technopolice : la surveillance policière à l’ère de l’intelligence artificielle, Félix Treguer, Divergences, 2024
JEU VIDÉO : Orwell: keeping an eye on you, Osmotic, 2016
JEU VIDÉO : Beholder, Warm Lamp Games, 2016
ROMAN : L’homme démoli, Alfred Bester, 1952
JEU VIDÉO : Observer, Bloober Team, 2017
FILM : Mars Express, Jérémie Périn
SÉRIE : Almost Human, J. H. Wyman, 2013-2014
ROMAN : Les Cavernes d’acier, Isaac Asimov, 1954
ROMAN : Face aux feux du soleil, Isacc Asimov, 1957
ROMAN : Les Robots de l’aube, Isaac Asimov, 1983
SÉRIE DE ROMANS : les enquêtes de Martin Beck, Maj Sjöwall et Per Wahlöö, 1965-1975
ROMAN : Gravité à la manque, George Alec Effinger, 1987
ROMAN : Privé de désert, George Alec Effinger, 1988
ROMAN : Le talion du Cheikh, George Alec Effinger, 1991
SÉRIE DE ROMANS : The Expanse, James S.A. Corey, 2011-2021, Actes Sud
SÉRIE : The Expanse, Mark Fergus et Hawk Ostby, 2015-2022
SÉRIE DE ROMANS : les enquêtes de John Nyquist, Jeff Noon, 2017-2020, La Volte
ROMAN : Vurt, Jeff Noon, 1997, La Volte
ROMAN : Pollen, Jeff Noon, 2006, éditeur indépendant La Volte
FILM : Judge Dredd, Danny Cannon, 1995
ANIME : PsychoPass, Naoyoshi Shiotani et Katsuyuki Motohiro, 2012-2013
FILM : Bienvenue à Gattaca, Andrew Niccol, 1997
ROMAN : Little Brother, Cory Doctorow, 2008
ROMAN : Bonheur™, J. Baret, Éditions du Bélial’, 2018
PLANÈTE B : SOMMAIRE DES ÉPISODES

Designer multiclassée. Journaliste pour Capture Mag, podcasteuse dans Sale temps pour un film et co-autrice de Planète B sur Blast depuis 2024.
Fondateur de Cosmo Orbüs depuis 2010, auteur de L’étoffe dont sont tissés les vents en 2019, co-auteur de Planète B sur Blast depuis 2022 et de Futurs No Future en 2025.









