Reste-t-il de l’espoir : que nous dit la science-fiction ?

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Dans ce troisième épisode de « Planète B« , émission mensuelle dédiée à la science-fiction sur Blast, j’évoque le thème de l’espoir et du désespoir permis (ou pas) par la fiction. Et si l’utopie est indéniablement un moyen de susciter de nouvelles formes d’espérance et d’émancipation, la dystopie ne doit pas être jetée avec l’eau du bain.

Texte de l’épisode ci-dessous.

PLANÈTE B : SOMMAIRE DES ÉPISODES

Reste-t-il de l’espoir : que nous dit la science-fiction ?

Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir.

Nous le disions dans les précédents épisodes de Planète B : l’ambiance est pesante. Dans cette époque incroyable que nous vivons désormais, les occasions ne manquent pas de s’en faire… jusqu’à peut-être perdre complètement espoir en l’avenir.

D’après une étude menée par plusieurs universités et validée par The Lancet Planetary Health, les trois quarts des 16 à 25 ans des pays du Nord comme du Sud sont effrayés par l’avenir, au point que cette angoisse les mine au quotidien pour 45% d’entre eux.[1]

Comme le notent Célie Massini et Antoine Pelissolo, psychiatres et auteurs des Emotions du dérèglement climatique, le climat d’incertitude et d’insécurité actuel provoque des effets directs et indirects sur notre santé mentale – risquant de provoquer des réactions psychologiques en chaîne.

Et c’est également le cas pour toutes les crises que nous traversons, qui se surajoutent, jusqu’à obscurcir très fortement notre vision du futur. Jusqu’à nous poser cette question essentielle : y-a-t-il de l’espoir, Gandalf ?

Dans ce nouvel épisode de Planète B, nous allons nous pencher sur le rôle de l’imaginaire dans ce contexte très lourd ; et surtout nous demander comment les œuvres qui nous abreuvent quotidiennement participent à nous plomber ou à nous remonter le moral.

Black ou bright mirror

En résumé, on pourrait dire que la science-fiction sert plusieurs grandes tendances quant à la vision du futur qu’elle véhicule :

Premièrement en dépeignant des mondes terribles, atroces, elle peut jouer le rôle de lanceuse d’alerte. Critiquer ce qui doit l’être, créer des métaphores pour rendre compréhensible et palpables les problèmes du monde. Ce peut être un pamphlet politique (comme La Servante écarlate de Margaret Atwood), un voyage émotionnel et métaphorique (comme Les Fils de l’Homme, d’Alfonso Cuaron adapté de PD James), ou tout autre format d’histoire. C’est le principe de la dystopie : mettre en scène les pires mondes possibles.

Deuxièmement en imaginant des mondes alternatifs plus lumineux, l’imaginaire peut nous « empuissanter », nous inspirer, nous donner des raisons de croire à un avenir meilleur – et nous transmettre le souhait de nous battre pour le faire advenir. C’est le principe des mondes utopiques dont Utopia, voyage imaginaire écrit par Thomas More en 1516 est la première occurrence.

Troisièmement en imaginant des mondes complexes, à la frontière entre le souhaitable et le détestable ; dans lesquels il n’est pas facile ni binaire de se positionner. C’est le cas des « utopies ambiguës » d’Ursula K. Le Guin, qui écrivait des mondes étranges, différents, dans toute leur épaisse complexité pour nous amener à nous poser des questions.

Bon, évidemment, comme toute classification, celle-ci à ses limites évidentes. Mais elle pose quand même cette question essentielle pour notre sujet du jour : et si les quantités astronomiques d’univers désespérants décrits par la SF contribuaient à plomber notre projection dans le futur ?

Ça parait évident non ?

Et bien c’est peut-être un peu plus compliqué que ça.

Popularité de la dystopie et du rétro

Si l’on définit la « dystopie » comme un univers futuriste sombre, alors on peut se rendre compte qu’elle est largement majoritaire, voire hégémonique, dans la science-fiction d’aujourd’hui.

Surtout, la dystopie est vendeuse. Et on pourrait se demander ce qu’il y a de si bankable dans les futurs déglingués et sordides. La popularité d’œuvres comme BLAME!, Warhammer 40 000 ou Berzerk, par exemple, est indéniable. Pourquoi aime-t-on à ce point imaginer des mondes délabrés, amoraux et ultra-violents, « grimdark » comme on dit parfois ? On y viendra peut-être une autre fois.

Toute la littérature postapocalyptique peut aussi être citée comme exemple de ce goût du cataclysme, semble-t-il immodéré, qui s’explique peut-être par la « schadenfreude », cette locution allemande qui décrit le plaisir à contempler le malheur des autres (en l’occurrence les personnages) depuis notre canapé.

Parallèlement à ce goût du désastre, on assiste depuis quelques décennies à un véritable retour en force de la nostalgie, qui remet au goût du jour d’innombrables œuvres désuètes ou « cultes » – c’est-à-dire des œuvres du passé.

Serait-ce dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes ? Les plus rentables en tous cas, c’est probable.

Détour par le cyberpunk

Pour illustrer ce goût de la dystopie et de la nostalgie, rien n’est peut-être aussi parlant que l’histoire du courant cyberpunk.

Fondé dans les années 80, par un groupe de jeunes auteurs et autrices américains dont William Gibson, Bruce Sterling et Pat Cadigan, le courant « cyberpunk » associait l’idée d’une technologie cybernétique sans limites et le slogan « no future » des punks des années 70.

Largement reprise, adaptée à toutes les sauces dans divers médias, la vision du monde véhiculée par le cyberpunk est devenue un classique. Dans les œuvres du genre, tous les travers du monde des années 80 sont multipliés à l’infini, comme dans une fuite en avant accélérationniste. Plus d’inégalités, plus de désastres écologiques, plus de complots et de sectes millénaristes, plus de technologie hors de contrôle – le tout ordonnancé, ou plutôt non-ordonnancé, par un capitalisme ultra-agressif et ultra-libéral en roue libre totale. Bref, le cyberpunk est un « no future » en forme de chute vertigineuse dans un abîme sans fond. L’effondrement n’a jamais lieu, il est perpétuel.

L’absence totale de perspective, qui est la marque du genre, est synthétisée avec brio par la première phrase, devenue célèbre, du premier roman cyberpunk. A savoir Neuromancien de William Gibson :

« Le ciel au-dessus du port était couleur télé calée sur un émetteur hors-service. »

Si le cyberpunk n’a pas le monopole de la dystopie, il illustre bien la séduction des futurs sordides sur nous… jusqu’à ce que la charge très punk et contestataire des origines soit peu à peu désamorcée, et transformée en cliché, en doudou vintage pour quadragénaires geeks nostalgiques et surtout… solvables.

Car le genre n’a jamais cessé d’être remis à la mode, jusqu’à aujourd’hui. Sa vision du futur, désormais en partie concrétisée et en partie totalement obsolète, est encore remixée en boucle sans souvent ne plus rien avoir à dire de précis sur notre avenir commun.

Pour être tout à fait exact, disons quand même que certaines œuvres continuent à apporter une vision singulière des codes du genre. Dans Tè Mawon par exemple, l’auteur Michael Roch explore les possibilités d’un afrofuturisme caribéen dans un univers cyberpunk. Il utilise des codes connus et maîtrisés, mais dans une perspective décoloniale, pour renouer avec le « Tout-Monde » (concept emprunté au philosophe Edouard Glissant), sorte de terre des ancêtres légendaire qui continue d’exister sous les fondations de la cité antillaise cyberpunk de Lanvil. Michael Roch revisite en le créolisant l’imaginaire cyberpunk, et replace les Antilles au centre d’un monde bouleversé par le réchauffement climatique.

Hantologie

La mode du rétro et de la nostalgie commune à une grosse partie de la production culturelle actuelle s’apparente à une « hantologie », concept inventé par le philosophe Jacques Derrida pour parler des réminiscences de l’idéal soviétique dans les populations d’ex-URSS après la chute du régime.

Pour Mark Fisher, philosophe de la pop-culture qui reprend le concept, les visions du futur des décennies passées nous hantent comme des spectres, et infusent inconsciemment dans toute la production actuelle.[2] La hantologie, c’est le spectre des imaginaires passés, qui continue d’influencer les imaginaires du présent, en tant que références, modèles, ou images partagés.

Le sociologue Bertrand Vidal, dans son livre Survivalisme, analyse la situation  :

« Nous traversons une époque où, culturellement et intellectuellement, aucune pensée et donc aucune réponse ne semblent à la hauteur de nos difficultés, et dans laquelle manquent des visions, des guides pour l’action. […] Cet effondrement de nos croyances collectives et de nos repères entraîne un manque, un défaut cruel. Les figures de l’espérance, celles qui nous permettent d’imaginer une sortie de « crise », ne sont plus. […] Face à cette panne des imaginaires de demain, nombre de nos concitoyens se tournent vers la nostalgie, rêvant d’un temps jadis fait de simplicité et d’authenticité, idéalisant le retour à la nature. »

Nous voici donc prisonnières et prisonniers d’une boucle infinie ; entre resucées « rétro » d’un passé qui n’a plus rien à dire, et abolition d’un futur presque toujours présenté comme horrible. C’est la « crise du futur ».

Pas étonnant que cette loop nous étouffe, nourrisse notre angoisse et anesthésie notre capacité à nous projeter, et à rêver à demain.

Illustration : un jour sans fin

Pas étonnant, donc, que notre moral soit plombé.

Car à bien des égards, coincés entre nostalgie et peur de l’avenir, nous vivons dans le futur du passé.

(Hope)punk’s not dead

C’est en réaction à cette passion pour les univers sombres, amoraux, violents et désespérés que l’autrice américaine Alexandra Rowland forgeait, en 2017 sur son blog, le terme « hopepunk ». Un sous-genre qui verrait l’espoir, la combativité, les sentiments positifs, la gentillesse et l’esprit de communauté comme des alternatives réelles et enviables au conformisme nihiliste majoritaire.

Une fois encore, la classification a ses limites. Mais elle apporte une idée nouvelle : celle que l’attitude rebelle, « punk », serait aujourd’hui du côté de celles et ceux qui espèrent un monde meilleur.

Mentionnons aussi le « solarpunk », théorisé à peu près dans les mêmes années, et qui met sensiblement l’accent sur le même appétit positif en se focalisant sur les alternatives aux technologies carbonées pour imaginer des univers écologiques, responsables, durables et plus justes.

A part quelques recueils de nouvelles (dont le tout premier est Solarpunk : histoires écologiques et fantastiques dans un monde soutenable publié au Brésil en 2012) les œuvres du genre tardent pourtant encore à inonder nos librairies, salles de cinéma et consoles de jeu.

Plus que d’authentiques « courants » littéraires donc, ces étiquettes reflètent peut-être plus un appétit, une attente du public, qu’un mouvement de fond comparable aux grands genres de la science-fiction que sont le cyberpunk ou le postapocalyptique par exemple.

Attendons donc de voir si les auteurs et autrices s’en emparent dans les années qui viennent – et proposent des voies alternatives, de vrais contre-récits, des mondes souhaitables à explorer.

On entend souvent que la fiction se nourrit essentiellement de conflit, de tensions. Que raconter si les personnages ne s’affrontent pas ? Quand il n’y a pas d’ennemi à combattre ? Lorsqu’on est d’accord sur l’essentiel ?

Je suppose qu’il y a là plus d’un défi à relever, et matière à création pour faire mentir l’adage qui voudrait que « les peuples heureux n’ont pas d’histoire ».

Heureusement, on n’a pas attendu le “hopepunk” pour commencer à écrire des mondes plus souhaitables, et nombreuses sont les oeuvres qui, depuis des décennies, creusent des sillons plus utopiques, ou au moins des sillons alternatifs moins désespérés, utilisant les possibilités de l’imaginaire pour ensemencer des visions plus optimistes de la vie en commun.

Citons par exemple Chroniques du Pays des Mères de l’autrice franco-québécoise Elisabeth Vonarburg. Dans un futur lointain, le roman met en scène une civilisation peuplée presque exclusivement de femmes, et les nouvelles institutions, modes de vie et de pensée qui les organisent, loin du masculinisme et de la domination patriarcale.

Dissensus

Mais attention tout de même.

L’injonction à « penser positif » et à imaginer des futurs souhaitables ne doit pas nier les difficultés, incertitudes et souffrances qui sont consubstantiels à l’expérience humaine, et à la vie en commun. Dans Chroniques du Pays des Mères d’ailleurs, les personnages sont loin d’être toutes d’accord, ou de vivre dans une harmonie naïve, dénuée de tensions voire de violence.

La politique, c’est-à-dire l’organisation de la vie ensemble, n’est pas consensuelle. Elle réside justement dans le dissensus, et l’arbitrage de nos différences.

Le futur souhaitable n’est pas un monde sans accroc, sans problème, où chacune et chacun serait d’accord et où aucune difficulté ne se présenterait. Le futur souhaitable c’est peut-être un monde où l’on arriverait à dépasser nos dissensus de manière civilisée et collective, sans domination ni violence, vers un avenir meilleur. Un récit où l’on surmonte les épreuves, ensemble.

Sans doute que cette idée ne trouve pas de meilleure illustration que dans La Horde du Contrevent, roman philosophique et poétique d’Alain Damasio, qui met en scène un groupe d’individus dédiés à une tâche unique tout au long de leur vie. Pour cette « horde » il s’agit de remonter le vent qui souffle linéairement sur leur monde, jusqu’à son origine supposée. La vie est constituée d’épreuves répétées, d’incertitude quant au sens et à l’objectif de la quête, mais aussi – surtout – d’une certaine qualité de relation entre les membres, et d’une valeur donnée collectivement à la posture existentielle qui consiste à se tenir debout face au vent.

La horde affirme une volonté de puissance positive, de résistance, de lien et d’action, même si sa vie est souvent loin d’être enviable. D’une certaine manière, la horde n’a pas vraiment besoin d’un but à atteindre – elle ne se nourrit pas d’espoir. Son action et son mode de vie se justifient par eux-mêmes. Car espérer un ailleurs transcendant, un futur meilleur, un paradis ou une récompense, ça peut être un frein, un début de renoncement à agir ici et maintenant. L’action peut aussi se passer de l’espoir, se justifier en elle-même, comme une « dignité du présent » dirait Corinne Morel-Darleux dans son petit essai Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce.

L’utopie est un mouvement

Finalement, le match entre dystopie et utopie est un faux problème.

Déjà parce que l’utopie des uns, est presque toujours la dystopie des autres. « C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches » disait le patron – Victor Hugo – dans son chef-d’œuvre L’homme qui rit. C’est un thème classique de la littérature, qui revient aussi dans cet autre monument qu’est Germinal d’Emile Zola, et de nombreuses œuvres de SF l’illustrent, comme par exemple le célèbre manga Gunnm de Yukito Kishiro qui met en scène l’idée d’une élite ghettoïsée survolant littéralement une terre dévastée et abandonnée aux plus pauvres.

Dans son livre Utopie Radicale, la philosophe Alice Carabédian nous alerte. L’utopie porte en elle le risque dystopique si on la considère comme une promesse de libération et d’égalité qui se fige, devient un dogme, une forme close et finie, cintrée de frontières.

C’est littéralement ce qu’illustre le genre de la contre-utopie dont Le Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley est le plus célèbre représentant : un monde supposément parfait, qui est en réalité un cauchemar. Et de nombreuses autres œuvres explorent cette idée.

L’opposition binaire entre utopie et dystopie est enfin une impasse, parce-que même les pires univers cataclysmiques ouvrent presque toujours la porte à un espoir, aussi ténu soit-il.

C’est précisément le propos des Fils de l’Homme, film incroyable d’Alfonso Cuaron que je citais en introduction. Alors que la stérilité frappe l’humanité entière, celle-ci achève de s’enfoncer dans le nihilisme et le désespoir. Les écoles sont vides, tout est gris, les gens agissent de manière robotique, sans plus rien attendre de la vie que le vieillissement et la mort. C’est finalement d’une jeune femme enceinte que viendra la possibilité d’une renaissance. Aussi incertaine et symbolique soit-elle, cette éventualité – et le fait qu’elle vienne d’une jeune femme réfugiée dans une Angleterre fascite qui rejette ou enferme les migrants – symbolise bien-sûr la possibilité d’un renouveau en dehors du « monde d’avant ». Bien fait pour sa gueule.

Même si la métaphore est belle, pas sûr que Les Fils de l’Homme galvanise notre soif de vivre et booste notre moral pour longtemps, tant son atmosphère est déprimante, son univers sombre et réaliste.

Bien sûr que l’excès de dystopies nous pèse sur le moral en nous habituant à la perspective d’un futur ravagé, et risque de tuer notre élan contestataire et notre envie de nous battre pour un futur meilleur. Bien sûr que cela risque de créer de la résignation.

Mais pourtant, même l’apocalypse totale porte en elle l’espoir paradoxal d’une renaissance post-tabula rasa, d’un renouveau permis par la destruction du monde. Rares sont les œuvres dont l’horizon est totalement bouché. L’espoir subsiste toujours, au moins un peu. Il y a toujours une Route à suivre. En science-fiction, lorsqu’on décrit des murs c’est presque toujours pour y percer des brèches.

Illustration : Et s’il n’y a plus personne pour croire à cette idée ? Quelqu’un y croit (Cloud Atlas)

Pour Alice Carabédian :

« La dystopie n’est pas l’anti-utopie. Elle participe au discours utopique (entendu comme volonté de transformer une société au moyen de l’imagination et de l’action) sous une autre forme : de biais. […] [L’utopie] ne se considère pas comme close, parfaite ou finie. L’utopie est un mouvement et un idéal. Elle « n’est » jamais, elle « devient » sans cesse. »

Un mouvement de rébellion dans un monde injuste, est utopique. Un acte de résistance face à la dictature, est utopique. Un groupe soudé malgré les épreuves et les mésententes, est utopique. Toutes les manifestations que la lutte continue, soude et entretient l’espoir, participent à l’édification d’un idéal et d’un mouvement utopique.

Éloge des fins heureuses

Les œuvres qui poursuivent une telle ambition, se comptent par milliers. Qu’importe que les univers de fiction soient sombres ou plus lumineux, l’important est de savoir comment leurs récits forgent nos opinions et nos émotions, nous inspirent, nous habitent et contribuent à nous émanciper.

Et, bonne nouvelle, la plupart des œuvres entretiennent un espoir, aussi ambigu, ténu ou étrange soit-il. Même dans les univers les plus durs, les luttes des personnages, leurs attentes et leurs rêves peuvent trouver une étincelle, une alternative possible.

Même au cœur de la nuit, l’espoir demeure.

Et cet espoir est un acte politique. Qui évite de moucher les efforts des personnages, et les attentes que nous, lecteurs et lectrices, projetons sur eux par la même occasion.

Qu’importe une supposée « réalité » qui justifierait que tout ce qu’on entreprend soit voué à l’échec et à l’amertume. C’est ce qu’énonce l’autrice Coline Pierrié dans son petit livre Eloge des fins heureuses :

« Il n’est pas question d’écrire de manière forcenée des livres où tout n’est que joie, fluidité, confort et amour – bien que ce soit aussi intéressant […] Il n’est pas question non plus d’édulcorer le monde et d’en dissimuler la violence.
Il n’est pas question de nier son horreur, mais au contraire d’y prendre pied pour tenter d’inventer des alternatives.
Il est question de notre volonté de ne pas se laisser faire et de répliquer.

Écrire une fin heureuse, c’est creuser un tunnel vers la lumière, peu importe la colère, la tragédie et la violence dans lesquelles nous sommes embourbé·es. Une fin heureuse, c’est une issue de secours.
La réalité n’est pas la limite ni l’horizon de notre imagination, elle en est le point de départ. »

*

L’équipe

Auteur : Antoine Daer (St. Epondyle)
Co-auteur : Hugues Robert et Mathias Echenay
Réalisation : Mathias Enthoven
Montage : Camille Chastrusse
Images : Arthur Frainet
Son : Baptiste Veilhan
Graphisme : Adrien Colrat
Diffusion : Maxime Hector
Production : Sophie Romillat
Directeur du développement : Mathias Enthoven
Rédaction en chef : Soumaya Benaissa
Directeur de la rédaction : Denis Robert

Liste des références

Célie Massini & Antoine Pelissolo, Les émotions du dérèglement climatique, 2021
J.R.R. Tolkien, Le seigneur des anneaux, 1954
Peter Jackson, (Film) Le seigneur des anneaux, 2001
Roland Emmerich, (Film) Le jour d’après, 2004
Robert Kirkman & Charlie Adlard, The Walking Dead, 2003
Frank Darabont, (Série) The Walking Dead, 2010
George Orwell, 1984, 1949
Michael Radford, (Film) 1984, 1984
Margaret Atwood, La servante écarlate, 1985
Bruce Miller, (Série) La servante écarlate, 2017
P.D. James, Les fils de l’homme, 1992
Alfonso Cuaron, (Film) Les fils de l’homme, 2006
Thomas More, L’Utopie, 1516
Ursula K. Le Guin, Les dépossédés, 1974
Jacques Lob & Jean-Marc Rochette, Le Transperceneige, 1984
Bong Joon-ho, (Film) Snowpiercer – le Transperceneige, 2013
Roland Emmerich, (Film) 2012, 2009
Cormac McCarthy, La route, 2006
John Hillcoat, (Film) La route, 2009
Les Wachowski, (Film) Matrix, 1999
Tsutomu Nihei, Blame!, 1998
Hiroyuki Seshita, (Film) Blame!, 2017
Rick Priestley, (Jeu de figurines) Warhammer 40,000, 1987
Steven Baker, (Jeu vidéo) Warhammer 40,00: Space Crusade, 1990
Kentaro Miura, Berserk, 1989
Patty Jenkins, (Film) Wonder Woman, 2017
Patty Jenkins, (Film) Wonder Woman 1984, 2020
Colin Trevorrow, Jurassic World : Le monde d’après, 2022
William Gibson, Neuromancien, 1984 William Gibson, Comte Zéro, 1986
William Gibson, Mona Lisa s’éclate, 1988
Bruce Sterling, La schismatrice, 1985
Bruce Sterling, Les mailles du réseau, 1988
Pat Cadigan, Mindplayers, 1987
Philip K. Dick, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, 1968
Ridley Scott, (Film) Blade Runner, 1982
Yukito Kishiro, Gunmm, 1990
Robert Rodriguez, (Film) Alita : Battle Angel, 2019
Warren Spector & Harvey Smith, (Jeu vidéo) Deus Ex, 2000
James Cameron, (Film) Terminator, 1984
Paul Verhoeven, (Film) Robocop, 1987
Masamune Shirow, Ghost in the Shell, 1989
Mamoru Oshii, (Film) Ghost in the Shell, 1995
Rupert Sanders, (Film) Ghost in the Shell, 2017
Paul Verhoeven, (Film) Total Recall, 1990
Walter Jon Williams, Câblé, 1986
Jean-Marc Ligny, Inner City, 1996
Warren Ellis, Transmetropolitan, 1997
Adam Badowski, (Jeu vidéo) Cyberpunk 2077, 2020
Yannick Rumpala, Cyberpunk’s not dead, 2021
Jacques Derrida, Spectres de Marx, 1993
Mark Fisher, Le réalisme capitaliste, 2009
Mark Fisher, Spectres de ma vie, 2014
Bertrand Vidal, Survivalisme, 2018
Harold Ramis, (Film) Un jour sans fin, 1993
Becky Chambers, Un psaume pour les recyclés sauvages, 2021
Collectif, Sauve qui peut – Demain la santé, 2020
Collectif, Solarpunk, 2012
Hayao Miyazaki, (Film) Nausicaä de la Vallée du Vent, 1984
Collectif, Nos futurs solidaires, 2022
Corinne Morel Darleux, Là où le feu et l’ours, 2021
Stéphane Beauverger, Collisions par temps calme, 2021
Elisabeth Vonarburg, Chroniques du pays des mères, 1992
Alain Damasio, La Horde du Contrevent, 2004
Corinne Morel Darleux, Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, 2019
Victor Hugo, L’homme qui rit, 1869
Emile Zola, Germinal, 1885
Neill Blomkamp, (Film) Elysium, 2013
Aldous Huxley, Le meilleur des mondes, 1932
Ira Levin, Un bonheur insoutenable, 1970
Alice Carabedian, Utopie radicale, 2022
Ernst Bloch, Le principe Espérance, 1955
David Mitchell, Cloud Atlas, 2004
Les Wachowski, (Film) Cloud Atlas, 2012
Roberto Benigni, La vie est belle, 1997
Coline Pierré, Éloge des fins heureuses, 2018

PLANÈTE B : SOMMAIRE DES ÉPISODES

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