Cosmo Orbüs a 11 ans

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saison 11

« J’vais rallumer la flamme, recommencer l’combat
Affûter ma lame pour replonger en moi
Un fantôme se pavane dans son anonymat
Rêve d’un pays d’Cocagne où l’on m’attendrait là-bas
Car dans la ville je meurs à nager dans des yeux
Des regards transparents qui me noient à petit feu
La zone est de mépris, la vague est d’indifférence
La foule est un zombie et je vogue à contresens »

— Gaël Faye

Le Déluge n’aura pas cessé du printemps ni du mois de juillet. A peine fût-il entrecoupé d’épisodes brûlants d’un soleil dont on ne sait plus bien si l’on doit, désormais, attendre ou craindre les rayons. Année de merde, mes ami(e)s.

Il paraît que les gens sont globalement optimistes pour eux-mêmes et globalement pessimistes pour l’avenir collectif. Peut-on vivre heureux dans un monde qui se tend de plus en plus, laissant se profiler un hypothétique point de rupture (à moins que la rupture ne soit perpétuelle) ? A quel point peut-on se foutre de tout, enterrer sa tête dans le sable, ou faire comme si, pour profiter de sa position privilégiée sans craquer tout à fait ? « Il faut un minimum d’amoralité pour pouvoir vivre » disait en substance Raphaël Enthoven à l’époque où je lisais encore Philo Magazine. Sinon quoi ?

Peut-être l’erreur est-elle de croire que nous avons un quelconque pouvoir sur la marche des événements. Nos velléités de contrôle n’abdiquent pas facilement, et rendent malades en proportion nos esprits inaptes à accepter à quel point nous sommes impuissants. Les soubresauts de l’histoire ne provoquent aucune prise de conscience ; que délires collectifs, crispations multilatérales et cynisme éprouvé. Les réseaux jadis « sociaux » démontrent, sans doute plus encore qu’avant, leur nocivité dans la tempête permanente de la foire au portnawak, entre délires collectifs, énumérations cataclysmiques et ouragans de stories cherchant leur part de la captation générale de l’attention (vain effort).

Je suis l’absence de surprise de Jack.

Reste à décider quoi faire, puisque c’est là que nous en sommes. Participer au brouhaha, bagarrer dans la tempête, pisser dans des violons, choisir ses combats, créer des alliances, préserver ce qui peut l’être, renoncer souvent. Contribuer à « faire entrer les monstres » aussi sans doute, suivant le magnifique discours de Julia Ducournau lors du Festival de Cannes, autant que faire se pourra. Moins affirmer que questionner ; arpenter le bizarre et le complexe, vu comme la normalité achève de nous désespérer.

11 ans après la création de ce blog il me semble, comme chaque année, difficile de le maintenir en place et de l’alimenter régulièrement. C’est sans doute consubstantiel à l’exercice, la difficulté fait partie du sport. L’ogre à faim d’années supplémentaires de ma vie. Et si l’habituelle tentation de renoncer vient frapper à la porte, il est facile d’y résister juste en décidant de n’y pas céder. Le calcul se fait dans la durée et l’endurance, dans ce que cet effort constant m’apporte depuis tout ce temps, sur le long terme, à commencer par ma vie professionnelle d’aujourd’hui. Lutter contre la vacuité n’est pas affaire de vitesse, c’est une course de fond. C’est fou ce qu’on peut faire simplement en le décidant.

Merci d’être encore là, on se retrouve l’année prochaine.

~ Antoine St. Epondyle

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